Le système de santé au Sénégal.

La politique nationale de santé trouve son fondement dans la Constitution Sénégalaise (article 17) Elle est mise en œuvre à travers le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS)et repose ainsi sur la vision « d' un Sénégal où tous les individus, tous les ménages et toutes les collectivités bénéficient d’un accès universel à des services de santé promotionnels, préventifs et curatifs de qualité sans aucune forme d’exclusion » (http//www.who.int/pmnch/media/events/2014/sen_pnds.pdf
Elle s’inscrit dans le cadre des "Documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté " (DSRP) mis en place par le FMI et vise les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) de l'ONU.

La médecine traditionnelle
Il existe au Sénégal une volonté politique réelle de promouvoir la médecine traditionnelle avec :
l'organisation d’un forum national ;
le recensement des tradipraticiens et leur organisation en associations ;
la création dans quatre régions de cinq centres d’expérimentations cliniques de médicaments à base de plantes médicinales
l'élaboration et la validation des textes réglementant la pharmacopée traditionnelle ;
l'élaboration et la validation d’un plan stratégique 2007 – 2010 pour la promotion de la médecine traditionnelle dans le système national de santé.

Hyacinthe DIASSY est responsable
de la pharmacie de Boune.
La Maternité d'Ebinako.
Pierre Amara SAMBOU, agent de santé communautaire de Boune.

Le système de santé du Sénégal se présente sous forme d’une pyramide de trois niveaux
• Le niveau central
• Le niveau régional qui correspond de la région médicale Le niveau périphérique qui correspond au district sanitaire
Le niveau central
Le niveau central comprend outre le cabinet du ministre, les directions et les services rattachés.
Le niveau régional
La région médicale est la structure de coordination du niveau régional. Chaque région médicale correspond à une région administrative. Elle est dirigée par un médecin de santé publique qui est le principal animateur de l’équipe cadre composée de l’ensemble des chefs de services rattachés de la région médicale
L’hôpital régional  fonctionne comme un CHR français. Il en existe un dans chacune des dix régions du Sénégal.
Le niveau périphérique
Le district sanitaire est assimilé à une zone opérationnelle comprenant au minimum un centre de santé et un réseau de postes de santé. Il couvre une zone géographique pouvant épouser un département entier ou une partie d’un département.
Le Sénégal compte actuellement 50 districts sanitaires. Chaque district ou zone opérationnelle est géré par un médecin chef

Il existe un hôpital
de district pour 200 000 habitants. On y pratique un peu de chirurgie ou d’obstétrique. On trouve un médecin-chef administrateur, des infirmiers diplômés d’état qui assurent les consultations, des sages-femmes diplômées d’état qui assurent le suivi des grossesses, les accouchements et le suivi post-natal ainsi qu'une pharmacie de district où se réapprovisionnent tous les Infirmiers Chefs de Poste (ICP), sauf rupture de stock.

Le centre de santé
est l’unité opérationnelle la plus périphérique de la pyramide sanitaire. Il s’y applique la médecine dans son aspect quadridimensionnel : curatif, préventif, social et éducatif
Il en existe un pour 10 000 habitants.ll englobe un réseau de Postes de Santé eux-mêmes supervisant les Cases de Santé et les Maternités Rurales.

Les Postes de Santé ou Dispensaires pratiquent les soins de santé primaires. Un Infirmier Chef de Poste assure tout le travail 7 jours sur 7, assisté d’Agents de Santé Communautaires (ASC)

Les Maternités Rurales :
Les sages-femmes assurent avec l’aide de matrones le suivi des grossesses, les accouchements, le suivi post natal, , la sensibilisation et la prévention

Les Cases de Santé :
Les ASC travaillent dans des Cases de Santé situées dans un rayon de 20 à 30 km autour du dispensaire dont elles dépendent. Ils pratiquent les soins de première urgence et délivrent les médicaments essentiels (les fameux « medess ») définis par l’Initiative de Bamako (médicaments-types dont la distribution est préconisée en Afrique de l’Ouest par l'Organisation Mondiale de la Santé).
Les Cases de Santé sont gérées par des Comités de Santé villageois qui collectent les revenus des consultations, qui rémunèrent les ASC et qui achètent les médicaments. Ces Comités de Santé ont le plus souvent une structure de GIE (Groupement d’Intérêt Economique), structure de type coopératif très utilisée en Afrique de l'Ouest, tant pour les activités économiques que pour les activités d'intérêt général.
Le tarif de la consultation est de 100 francs CFA (0,15 €) pour les enfants (au de la de 5ans ) et de 200 francs CFA (0,30 €) pour les adultes. 
Les médicaments sont payés en plus.
Cet argent doit être comptabilisé en fin de journée par le trésorier du Comité de Santé.
L’ASC perçoit 40 % sur les consultations et 10% sur la vente des médicaments.
En fin de mois, le Comité de Santé paye l’ASC et reconstitue par des achats le stock de médicaments.
La même démarche est appliquée aux Postes de Santé, où seul l’Infirmier Chef de Poste est payé par l’Etat, les matrones et les ASC étant payés par le Comité de Santé. Il est à noter que dans les villages peu importants, les matrones reçoivent un dédommagement (souvent en nature) mais ne sont pas payées. 


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